Alain CLAVERIE

1985 - Le gardien de la paix Alain Claverie est abattu au cours du braquage d'un siège d'une société de transports de fonds. Âgé de 35 ans, il était marié et père de deux jeunes garçons.
Contexte : Dans les années 80, les convois de fonds deviennent une cible privilégiée du grand banditisme français, dont les méthodes se radicalisent d'avantage. Avec seize attaques à mains lourdement armées, sept convoyeurs et trois policiers tués, 1985 est une année noire.

Régulièrement, les enquêtes menées par l'Office centrale de répression du banditisme révèlent qu'un ou plusieurs membres du personnel des sociétés de transports de fonds sont impliqués soit par complicité ou par acte de banditisme (menaces de mort, séquestrations des familles en échange d'informations).

Si les attaques de fourgons se produisent généralement lors de la phase piétonne de la circulation fiduciaire, l'attaque directe d'un siège n'était jusqu'alors pas envisagée sérieusement. Un décret renforçant et contraignant l'exercice de cette activité sera signé en 1986 (uniformes, cartes professionnelles, blindages, conditions d'embauche,...).

Lundi 26 Août 1985. Très tôt dans la matinée, un commando de malfaiteurs armés de pistolets mitrailleurs et de grenades investissent le siège de la société de transports de fonds Protecval basée dans la zone industrielle de Saint-Laurent-du-Var (Alpes-Maritimes), rue Claude Bernard. Ils neutralisent la dizaine d'employés déjà présents dans les locaux.

Visiblement bien renseignés, les malfaiteurs savent qu'un système d'alarme est directement relié au commissariat. Menacé de mort, le directeur de la société est alors contrait d'appeler le chef de poste du commissariat central pour faire croire que des travaux temporaires vont déclencher par erreur le dispositif.

Accédant aux coffres-forts, les malfaiteurs commencent à charger un camion de plusieurs millions de francs. Cependant, une patrouille de police est envoyée en toute logique jusqu'au siège de la Protecval pour s'enquérir de la situation.

Le système de sécurité programmé par horodateur très contraignant pour les convoyeurs entraîne régulièrement de nombreuses fausses alertes suite à de mauvaises manipulations. Lorsque deux gardiens de la paix se présentent à l'entrée du siège vers 6h30, ils imaginent sans doute une énième vérification de routine. Mais il n'en est rien.

Les policiers se manifestent à l'interphone pour s'entretenir avec un responsable. Un employé explique sous la contrainte qu'il s'agit d'un nouveau déclenchement accidentel. Intrigués, les policiers effectuent néanmoins une inspection autour du bâtiment et s'apprêtent à quitter la zone industrielle lorsque le chef de poste du commissariat de Cagnes les prévient par radio que des riverains ont repéré des mouvements suspects.
Crédit photo : Mathieu Claverie, tous droits réservés.
1985 - Le gardien de la paix Alain Claverie est abattu au cours du braquage du siège d'une société de transports de fonds sise près de Nice. Âgé de 35 ans, il était marié et père de deux jeunes garçons.

Sources : Mathieu Claverie, tous droits réservés
Alain Claverie était un passionné de montagne et avait très vite débuté sa carrière à la CRS 6 de St-Laurent-du-Var.
Crédit photo : Mathieu Claverie, tous droits réservés
Marianne, Alain et leurs fils Mathieu.

Lorsque qu'ils reviennent à l'entrée du siège, le gardien de la paix Alain Claverie se présente seul à l'interphone. Mais cette fois-ci, il est alerté par les cris des otages. Alors qu'il tente de prévenir son équipier, le policier est fauché par une rafale de pistolet mitrailleur. Un malfaiteur fait exploser une grenade, tandis que la Renault 18 des policiers est criblée de balles. A l'intérieur, le gardien de la paix Bernard Adragna n'a d'autre choix que de se coucher dans l'habitacle.

Dans la panique, un convoyeur séquestré pour conduire le camion dans lequel le butin a été dissimulé parvient à prendre la fuite, et gagne aussitôt la police municipale de Saint-Laurent-du-Var. Le commando s'enfuit à leur tour à bord de trois véhicules.


Mercredi 28 Août 1985. Les obsèques officielles du gardien de la paix Alain Claverie ont lieu au pied de l'hôtel de ville de Cagnes-sur-mer, en présence du directeur général de la police nationale, M. Pierre Verbrugghe, et de très nombreuses personnalités locales.

Originaire de Toulon (Var), le gardien de la paix Alain Claverie avait trente-cinq ans. Il était marié à Marianne et père de deux enfants : Mathieu, onze ans et Roland, neuf ans.

Entré au centre régional d'instruction de la police nationale de Toulouse en 1972, ce policier exemplaire, très respecté, avait commencé sa carrière à la CRS N°3 de Quincy-sous-Sénart.

Muté en 1975 à la CRS N°6 de Saint-Laurent-du-Var, il a participé à de nombreuses interventions de secours en haute montagne, sauvant des vies et échappant lui-même à la mort à deux reprises au cours d'avalanches.

En 1980, il rejoignait la Circonscription de sécurité publique de Cagnes-sur-mer, d'abord au poste de Vence, puis au central de Cagnes. Cité à l'ordre de la nation, il est nommé au troisième échelon du grade de brigadier de police à titre posthume, décoré de la croix de chevalier de la légion d'honneur, de la médaille d'or pour acte de courage et de dévouement, et de la médaille d'honneur de la police nationale.


Grâce à l'exploitation de l'un des véhicules repérés sur les lieux de la fusillade, l'enquête va conduire à trois interpellations. (Suites judiciaires inconnues, si vous êtes en possession d'informations susceptibles d'améliorer la qualité de ce récit, merci de me contacter) 

En novembre 1986, le Ministre de l'intérieur Charles Pasqua et le Directeur central des polices urbaines Robert Broussard sont présents pour inaugurer une nouvelle artère au centre-ville de Cagnes-sur-Mer, la Rue du Brigadier Claverie.

Sources:
Entretien avec Mathieu Claverie

Archives AFP - pressedd.com (version inaccessible du public aujourd'hui)
Le Monde, article du 28/08/1985, "Les syndicats policiers s'inquiètent de l'aggravation des attaques [...]"
Le Monde, article du 25/07/1985, "La guerre des fourgons blindés"
Nice matin,
Archive coupure de presse du 01/11/1986

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