Patrick LE ROUX & Yves MEUNIER

2001 - Deux gardiens de la paix sont abattus dans un pavillon au Plessis-Trevise par des malfaiteurs surpris en flagrant délit de cambriolage.
Mardi 16 Octobre 2001. Un couple domicilié au 16 Avenue de la Sirène au Pléssis-Trévise (Val de Marne) avec leurs deux enfants âgés de vingt et seize ans, se préparent à aller travailler comme chaque jour.

Alors qu'ils s'apprêtent à quitter leur maison, plusieurs hommes fichés au grand banditisme les attendent, cagoulés, armés et déterminés. Informés que l'épouse a monté sa propre affaire de joaillerie, ces derniers espèrent trouver un coffre fort dans la demeure.

Les malfrats empoignent leurs victimes manu militari, et les entrainent jusqu'au pavillon où ils les ligotent, et leur couvrent les yeux. Gifles, menaces, interrogatoire. La famille vit un calvaire et s'imagine le pire à venir. Mais les malfrats ignorent que la nièce du couple âgée d'une vingtaine d'année, de passage, se trouve aussi dans la maison.

Cachée dans une salle de bain, elle contacte courageusement la police. Deux véhicules de police du commissariat de Chennevières-sur-Marne composés de cinq policiers arrivent très rapidement mais discrètement sur les lieux : le brigadier Patrick Le Roux, et les gardiens de la paix Paul Desbiens et Alexandre Riebel d'une part ; et les gardiens de la paix Yves Meunier et Lionel Levecq d'autre part.

Il fait toujours nuit lorsque le brigadier Le Roux se glisse, seul, dans la cour extérieure et remarque des malfaiteurs armés à travers une porte vitrée du pavillon. Il fait volte-face pour récupérer des gilets pare-balle lourds et organiser l'intervention. Mais les policiers sont coupés dans leur élan en percevant un cri de terreur provenant du pavillon, et qui les incite à agir vite.

Les policiers gagnent alors l'enceinte du pavillon et se partagent les directions. C'est là qu'un destin tragique se joue pour chacun d'eux. A l'intérieur les malfrats ont repéré les policiers et paniquent. L'un d'eux est surpris par le brigadier Le Roux et le gardien Meunier qui le ceinturent aussitôt, à la proximité immédiate de la piscine. Ils rengainent leurs armes pour le maitriser et le menotter. Les gardiens Levecq et Riebel surprennent de leur côté un individu cagoulé qui tente d'escalader un mur d'enceinte.

C'est à cet instant précis qu'un troisième malfrat quitte la maison et fait feu en direction des policiers. La scène se passe très vite. Frappés de plusieurs projectiles, le brigadier Le Roux et les gardiens Meunier et Levecq sont très grièvement blessés.

L'ensemble des complices prennent la fuite. Le quartier est bouclé par plusieurs dizaines de policiers venus en renfort. Le dispositif mis en place permet d'interpeller l'un des malfrats, alors qu'il se dissimulait sous un véhicule. Il s'agit de Djamel Bessafi, vingt-huit ans, originaire de Champigny-sur-Marne ; il est encore entravé des menottes appartenant à l'un des premiers intervenants, et présente une blessure par balle, tirée par son complice.
Originaire de Paimpol (Côtes-d'Armor), le brigadier Patrick Le Roux avait 33 ans. Il était marié à Laurence Deligny et père d'une petite Justine.

Entré dans l'administration en 1989, il rejoint le 3ème arrondissement de paris en première affectation, puis le 19ème où il rencontre sa future épouse. Il est nommé brigadier de police en 1998 et rejoint la circonscription de Chennevières-sur-Marne l'année suivante.

C'est à Vaires-sur-Marne, dans un quartier pavillonnaire très calme, que Patrick Leroux, Laurence et leur petite Justine vivaient paisiblement. Le couple se laissait encore deux ans avant d'envisager une mutation à Nantes.
Originaire d'Avion (Pas-de-Calais), le gardien de la paix Yves Meunier avait vingt-sept ans.

Entré dans l'administration en 1996 après avoir effectué son service militaire dans la Gendarmerie en qualité de gendarme auxiliaire, la circonscription de Chennevières sur Marne devenait son premier et unique poste.

Il était marié à Carole et attendait la venue au monde d'un enfant en décembre.

Sur la scène de crime, c'est la consternation. Atteint à la nuque, le gardien de la paix Yves Meunier est déclaré décédé à son arrivée aux urgences de l’Hôpital Henri Mondor de Créteil (Val de Marne). Atteint à la poitrine, le brigadier Patrick Le Roux décède à 13h20. Le gardien de la paix Lionel Levecq, vingt-sept ans, hospitalisé à l’Hôpital du Bégin à St-Mandé, survivra à ses blessures.

Vendredi 19 Octobre 2001. Les obsèques officielles des deux policiers tués sont organisées dans la cour d'honneur de l'hôtel de police de Créteil. 


L'enquête :


La brigade de répression du banditisme chargée de l'enquête identifient et procèdent à l'arrestation de cinq malfrats bien connus des services de police. L'affaire est instruite par le juge Jacqueline Audax.

Confondu avec son ADN et les résidus de tirs retrouvés sur un gant sur la scène de crime, Jean-Claude Bonnal, quarante-huit ans, surnommé "le chinois", est à la fois considéré comme l'instigateur de la séquestration et l'auteur des tirs meurtriers sur les policiers. Cet ancien membre du "gang de la banlieue sud (de Paris)", réputé pour de nombreux actes de grand banditisme commis dans les années 80, est un habitué de la prison. Bonnal avait été libéré, le 26 décembre 2000, à la suite d'un arrêt de la chambre d'accusation de la cour d'appel de Paris, alors qu'il se trouvait déjà en détention provisoire pour une série de braquages sanglants.

En outre, l'analyse du téléphone portable de Bonnal démontre que le 7 octobre, il est en repérage à proximité immédiate de la maison de ses futures victimes. C'est surtout la vidéo du 16 octobre qui apparaît comme un élément décisif. Les images sont incontestables : Bonnal logeait à l'Etap Hôtel de Villeneuve-le-Roi, non loin du Plessis-Trévise. Il quitte sa chambre peu avant 5 heures du matin. Le véhicule de Brahim Titi, trente-trois ans, originaire d'Orly, un complice décrit comme le "laquais" de Bonnal, l'attend depuis quinze minutes sur le parking. La voix de Titi est reconnue formellement par l'une des victimes, et son ADN est relevé sur une cagoule laissée sur place.

Les enquêteurs mettent également la main sur deux autres complices ayant participé à la séquestration de la famille domiciliée au Plessis-Trevise, en plus de Djamel Bessafi, interpellé le jour des faits ; il s'agit de deux individus originaires comme lui de Champigny-sur-Marne : Zahir Rahmani, vingt-et-un an et Chérif Asslouni, vingt ans. Ces derniers donnent des aveux circonstanciés et désignent Bonnal comme le tireur, avant de se rétracter et de faire usage de leur droit de garder le silence.


Condamnations :


Mercredi 1er Février 2006. La cour d'assises du Val de Marne condamne Jean-Claude Bonnal à la réclusion criminelle dite "à perpétuité" ; peine assortie d'une période de sûreté de 22 ans pour le quadruple homicide à Athis-Mons le 6 octobre 2001 et dans le cadre de l'affaire du Plessis-Trévise dix jours plus tard.

Brahim Titi est condamné à la réclusion criminelle dite "à perpétuité", soit la peine requise à son encontre. Djamel Bessafi et Zahir Rahmani ont été condamnés tous deux à 15 ans de prison. Cherif Asslouni, jusque là inconnu des services de police, a été condamné à 8 ans d'emprisonnement.
Mercredi 4 Juillet 2007. La cour d'appel de Paris confirme les peines prononcées contre Bonnal et Asslouni. Titi voit sa peine allégée à 25 ans de prison. Rahmani et Bessafi voient leurs peines ramenées à 13 ans de prison. Rahmani, Bessafi et Asslouni sont aujourd'hui libres.


Sources et références :

JORF n°250 du 27 octobre 2001 page 16976, "Citation à l'ordre de la nation"
JORF n°250 du 27 octobre 2001 page 16975, "Citation à l'ordre de la nation"
JORF n°62 du 14 mars 2002 page 4616, texte n° 2, "Décret portant nomination à titre exceptionnel"
Libération du 19/01/2006, article de Marc Pivois
Le Parisien du 17/01/2006, article de Fabienne Huger

Le Parisien du 07/01/2006, article de Brendan Kemmet
Libération du 15/11/2001, "le gant du chinois a parlé"
L'Express du 25/10/2001, article de Eric Pelletier

Article Le Monde du 24/10/2001
Paris Match du 01/11/2001
Faites entrer l'accusé - Jean-Claude Bonnal, le chinois
Le Figaro Magazine via le 3ème oeil, article du 21/01/2006

Noël MARCHAND

2001 - Le gardien de la paix motocycliste Noël Marchand est fauché par un conducteur en état d'ivresse près de Tours. Âge de 53 ans il était marié et père de trois enfants : Virginie, Isabelle et Olivier.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Vendredi 7 Septembre 2001. Deux gardiens de la paix de la Brigade Motocycliste Urbaine de Tours (Indre et Loire) viennent de procéder au contrôle d'un poids-lourd sur la Route de la Membrolle, commune de Saint-Cyr-sur-Loire.

Vers 15h30, alors qu'il se trouve en amont pour aménager le flux de la circulation, le gardien de la paix Noël Marchand est percuté par un automobiliste, dont le véhicule vient s'encastrer dans le camion. Le chauffard accuse un taux d'alcoolémie de 0,84mg d'alcool par litre d'air expiré. Marié et père de trois enfants, le policier décédait quelques instants plus tard des suites de graves traumatismes. Il avait cinquante-trois ans.

Originaire de la région Tourangelle, Noël Marchand était le secrétaire général du Club Motocycliste de la Police Nationale Centre-Pays-de-Loire depuis près de trente ans. Il était à l'initiative de la création du Rallye des Turons. Reconnu pour son engagement, sa disponibilité et son amabilité, il était entré dans la Police Nationale en 1971 et rejoignait dès 1975 la BMU de Tours pour ne plus la quitter. La moto était effectivement sa passion, et il avait su la mettre au service de la sécurité de ses concitoyens, animant chaque été à la Foire de Tours une piste d'initiation à la conduite moto pour les jeunes.

Nommé Lieutenant de police à titre posthume, Noël Marchand est également décoré de la médaille d'or pour acte de courage et de dévouement, et reçoit la croix de chevalier dans l'ordre national du mérite.

Sources :
La Nouvelle république du 09/09/2011, "En mémoire de Noël Marchand"
Magazine CMPN N°066, année 2001, article dédié "Salut Nono..."

Jean-Louis PETEILH

2001 - Le gardien de la paix Jean-Louis Peteilh est victime d'un accident alors qu'il rejoint son casernement de la CRS N°29.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Lundi 2 Juillet 2001. Le gardien de la paix Jean-Louis Peteilh, trente ans, circule à bord de sa Renault 21 en direction du casernement de la Compagnie Républicaine de Sécurité N°29 basée à Lannemezan (Hautes-Pyrénées).

Il se trouve en queue de file sur la route départementale 939, à hauteur de Rebouc, lorsqu'il est très violemment percuté par un poids lourd venant dans le sens inverse de circulation.

Le conducteur du poids lourd percute également un autre camion et les quatre véhicules qui le suivaient. Jean-Louis Peteilh succombe à ses blessures malgré l'intervention rapide des services de secours. Son véhicule, dont l'avant est littéralement broyé, a été le dernier a être percuté par le poids lourd sur cet axe routier, très fréquenté en cette période estivale. Quatre autres personnes blessées ont été évacuées par les secours vers le centre hospitalier de Lannemezan.

L'enquête diligentée par la gendarmerie de Bagnères-de-Bigorre établit dans un premier temps qu'il ne s'agit pas d'une « affaire d'alcool au volant ou d'un excès de vitesse ». Le poids lourd, en se déportant sur la gauche de la chaussée, a d'abord heurté un autre camion, qui venait en sens inverse, avant de télescoper les quatres voitures qui suivaient.

Sources :
La Dépêche du 03/07/2001, "un jeune policier se tue à Rebouc"

Patrick VESINE

2001 - Le gardien de la paix motocycliste Patrick Vésine est fauché par un véhicule dont les occupants prennent la fuite.

Âgé de 46 ans, il était marié et père de deux enfants.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Jeudi 31 Mai 2001. Deux gardiens de la paix de la Compagnie motocycliste urbaine départementale du Val de Marne sont à la recherche d'un véhicule en fuite, dont le conducteur a refusé d'obtempérer à un contrôle de police vers le sud de la capitale. Les motards empruntent rapidement les grands axes. Il est environ 3h30.

Porte d'Ivry, dans le 13ème arrondissement de Paris, un drame se produit. L'un des motards est très violemment percuté par un véhicule de marque Opel immatriculé en Belgique, dont le conducteur vient de franchir l'intersection au feu rouge fixe.

Contre toute attente, les occupants de la voiture prennent aussitôt la fuite à pieds en abandonnant le corps meurtri du policier sur le sol. Des témoins ayant assisté à la scène livrent aussitôt des informations permettant de localiser et d'interpeller le conducteur en fuite, rue du Chevaleret. Il s'agit d'un ressortissant roumain âgé de vingt-et-un ans, et lequel tentait de se débarrasser de ses papiers d'identité.

Malgré l'intervention rapide des services de secours, le gardien de la paix Patrick Vésine est déclaré décédé à 4h29 sur les lieux de l'accident. Âgé de quarante-six ans, il était marié à Patricia et père de deux enfants : Alexandra, vingt ans, et Romain, dix-sept ans.

Vendredi 1er Juin 2001. En garde à vue à la brigade de répression du banditisme, le mis en cause reconnait le délit de fuite et livre les noms de ses deux passagers, ressortissants roumains également : l'un est âgé d'une vingtaine d'années, l'autre est encore mineur. Tous deux sont arrêtés le lendemain matin dans un squat de Sevran (Seine-Saint-Denis). (identités non révélées par la presse)

Déférés au parquet de Paris et placés sous mandat de dépôt, les trois individus déjà connus des services de police étaient poursuivis pour « homicide involontaire, mise en danger de la vie d'autrui, non-assistance à personne en danger et délit de fuite ». (suites judiciaires inconnues)


Sources :
Le Parisien du 01/06/2001, "Un motard de la police tué par des chauffards"
Libération du 01/06/2001, "Un policier écrasé à Paris, le conducteur arrêté"
Le Nouvel Obs du 31/05/2001, "Un motard de la police tué à Paris"

Charles DROUAT

2001 - Le brigadier Charles Drouat est atteint mortellement par un "tir ami" au cours d'une interpellation très difficile de dealers surpris en flagrant délit.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Mercredi 9 Mai 2001. Trois policiers de la Brigade anti-criminalité de Pointe à Pitre (Guadeloupe)  surprennent un flagrant délit de cession de produits stupéfiants dans le bidonville de Boissard aux Abymes. Il est question d'interpeller Olivier Guadeloupe, dealer de crack notoire, au milieu d'une bande d'une dizaine d'individus. Il est 14h30 environ.

Regroupés sur le terrain Sonis, ces derniers opposent alors une résistance physique contre les policiers. Un attroupement hostile se forme rapidement et très vite la situation devient incontrôlable.

L'un des malfaiteurs lâche son chien de première catégorie et lui ordonne d'attaquer les policiers. Un brigadier fait feu à trois reprises en direction du molosse. Un projectile ricoche et vient blesser le dealer à la mâchoire la même balle atteint mortellement la poitrine du brigadier Charles Drouat, quarante-six ans.

Le véhicule de police est incendié et le corps du malheureux policier est fouillé, certaines de ses affaires personnelles sont volées selon les propres constatations du Procureur de la république Patrick Vogt qui souligne la violence de l'intervention.

L'enquête est confiée au service régional de la police judiciaire de Pointe-à-Pitre. Des sept individus placés en garde à vue, seul Olivier Guadeloupe alias "Ti Gwadloup", est mis en examen pour "violences volontaires avec arme par destination ayant entraîné la mort sans intention de la donner". Il est incarcéré en milieu libre au Centre hospitalier de Pointe-à-Pitre.

Le 23 Mai, à l'issue de débats contradictoires, réfutant le chef d'accusation, la chambre d'instruction de Basse-Terre décide de la remise en liberté d'Olivier Guadeloupe. Il fait néanmoins l'objet d'un mandat d'amener émis par un juge de Cayenne (Guyane) dans le cadre de plusieurs affaires de trafics de stupéfiants.

Le 31 Mai, Olivier Guadeloupe, dont l'interpellation mouvementée est à l'origine de la mort du brigadier Drouat, est définitivement libéré à l'issue de sa comparution devant le juge.

Le brigadier Charles Drouat, surnommé « Charly » était marié à Sophy Garnier, et père de sept enfants. Entré dans la police en mars 1979, formé à l'école des gardiens de la paix de Paris, il fût affecté au commissariat du XVe arrondissement de la capitale en mars 1980. En 1985, il a rejoint la police aux frontières de Saint-Martin avant d'être nommé à Pointe-à-Pitre, en 1988. Il avait été affecté à la Bac en 1998.

Au cours de sa carrière, il avait reçu un grand nombre de lettres de félicitations, ainsi que la médaille de bronze pour actes de courage et de dévouement en juin 2000. Il avait été blessé en service à cinq reprises : en septembre 1983, juin 1986, 25 juin 1999, le 30 août 2000 et, quelques mois avant sa mort, le 19 janvier 2001.

Le brigadier Charles Drouat est nommé Capitaine de police à titre posthume et cité à l'ordre de la nation. Il est élevé au grade de chevalier de la Légion d'honneur et reçoit la médaille d'or pour acte de bravoure et de dévouement. Il laisse l'image d'un policier efficace, dynamique, très motivé et doté d'un grand esprit de générosité.

En Mai 2012, le cadet de la fratrie, Luidgy, 15 ans, déposait une gerbe de fleurs au pied de la stèle qui porte désormais son nom dans la cour d'honneur lors de la cérémonie annuelle des policiers victimes du devoir.


Sources:
JORF n°116 du 19 mai 2001 page 8025, "Citation à l'ordre de la nation"
Infos Guadeloupe du 13/05/2001, "hommage au policier abattu"
Infos Guadeloupe du 23/05/2001, "Ty Gwadloup victime d'un malaise"
Infos Guadeloupe du 01/06/2001, "Ty Gwadloup de nouveau libéré"
France-Antilles Guadeloupe - 11/05/2012 

Gilles ROCHE

2001 - Le gardien de la paix Gilles Roche est abattu dans le véhicule de police qu'il conduit lors d'un contrôle routier. Âgé de vingt-neuf ans, il était marié et père de trois enfants.
Lundi 7 Mai 2001. Deux policiers du commissariat d'Evreux (Eure) remarquent une BMW roulant à très vive allure sur la Rue de Lattre de Tassigny. Interceptée à hauteur d'un feu tricolore, les policiers s'arrêtent à la droite du véhicule.

Le gardien de la paix Gilles Roche, vingt-neuf ans, qui conduit le véhicule de police, baisse sa vitre et fait une remarque au contrevenant. Ce dernier
saisit alors une arme se trouvant à proximité immédiate et tire à bout portant sur les policiers toujours assis dans leur Peugeot 306 break. Gilles Roche est atteint mortellement par trois projectiles et s'écroule sur son équipier.

Blessé à la cuisse, le gardien de la paix Roger Deboges, cinquante ans, riposte néanmoins en vidant son barillet de six cartouches. Le malfaiteur prend aussitôt la fuite, mais il est rapidement identifié. Il s'agit Olivier Aubert, quarante-huit ans, un ancien légionnaire domicilié sur la commune de Gravigny. Il est interpellé le matin même à son domicile. Sur place, les enquêteurs découvrent l'arme du crime : un pistolet automatique 11,43 de marque canadienne. Plusieurs armes de gros calibre, et des centaines de munitions qu'il fabriquait lui-même sont également appréhendées. Aubert remet aussitôt des aveux circonstanciés.

Jeudi 10 Mai 2001. En détention provisoire à la prison du Bois d'Arcy, Olivier Aubert se suicide dans sa cellule le jour même des obsèques de sa victime. Ce suicide déclenche une polémique qui rendra d'autant plus difficile le travail de deuil de la famille.

Le gardien de la paix Gilles Roche, vingt-neuf ans, était marié à Catherine et père d'une petite Hélèna, 4 ans. Il attendait la venue au monde de jumeaux. Entré dans la police en Août 1990 en qualité de policier auxiliaire à Garches (Hauts-de-Seine), il rejoint l'école de police de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Affecté en Août 1992 à Mantes-la-Jolie (Yvelines), il y était sérieusement blessé lors d'une interpellation en Avril 1994 : il tentait d'interpeller une équipe de malfrats auteurs de vol de carburants dans une station service de Gargenville. Trainé sur plus de 300m, il venait d'échapper de justesse à la mort. Muté le 1er février 1995 au commissariat de Louviers (Eure), il rejoignait à sa demande le 1er septembre 1999 la circonscription d'Evreux (Eure).

Le gardien de la paix Gilles Roche est nommé Lieutenant de police à titre posthume, il est cité à l'ordre de la nation et reçoit la médaille d'honneur ainsi que la médaille d'or pour actes de bravoure et de dévouement. Il est également élevé au grade de chevalier de la légion d'honneur.

Le gardien de la paix Roger Deboges est nommé Brigadier-major honoraire et élevé au grade de chevalier de la légion d'honneur. Il venait d'accomplir alors 31 ans de services civils et militaires.


Sources:
JORF n°113 du 16 mai 2001 page 7831, "Citation à l'ordre de la nation"
JORF n°266 du 15 novembre 2002 page 18843, texte n° 5, "Décret portant nomination et promotion"
Journal télévisé du 07/05/2001 (à 6mn30)
Discours de Daniel Vaillant 10/05/2001
TF1 News du 09/05/2001, "Evreux : le suspect avoue le meurtre du policier"
Le Parisien du 09/05/2001, "Nous sommes tombés sur des tueurs sans le savoir"
Le Parisien du 11/05/2001, "L'hommage des policiers à leur collègue" 
Libération du 11/05/2001, "Le meurtrier du policier d'Evreux se pend"
Le Nouvel Obs du 11/05/2001, "Décès du tueur présumé du policier" 

Guillaume VISCAINO

2001 - Le gardien de la paix stagiaire Guillaume Viscaino est victime d'une explosion de gaz alors qu'il sécurise les lieux de l'intervention.

Page réalisée avec l'aimable autorisation
de sa famille.
Jeudi 5 Avril 2001, 17h15. Les sapeurs-pompiers de la 1ère compagnie de Lyon interviennent au 1 rue Jubin à Villeurbanne (Rhône) où les riverains signalent une forte odeur de gaz. Ils sont logiquement rejoints par des agents EDF-GDF et d'un équipage de police de Villeurbanne chargé d'établir un périmètre de sécurité. La fuite est localisée dans une blanchisserie du rez-de-chaussée ; mais l'air y est saturé par le gaz, et le risque d'explosion est très important.

Les sapeurs pompiers mettent rapidement en place une ventilation et les policiers présents tentent d'évacuer les riverains de la scène. Mais à 17h59, une forte explosion retentit dans tout le quartier Charpennes. Une trentaine de logements sont sérieusement touchés et le carrefour de la Rue Jubin et du Cours Emile Zola est jonché de débris et de corps inanimés. Un millier de badauds s'agglutinent sur les lieux de l'intervention.

Le gardien de la paix stagiaire Guillaume Viscaïno, et l'adjudant-chef Bernard Pauletto des sapeurs pompiers de la 1ère compagnie de Lyon-Corneille, trouvent tous deux la mort. Sept blessés graves sont médicalisés en urgence sur place, dont les deux équipiers de ce jeune policier, cinq pompiers et un agent GDF, qui malgré de graves brûlures menait à bien sa mission en barrant le gaz. Cet évènement marquant a considérablement changé la procédure d'intervention sur les fuites de gaz.

Originaire de Bagnols-sur-Cèze (Gard), Guillaume Viscaino était âgé de vingt-quatre ans. Sportif, féru de karaté et d'aïkido, il était surtout passionné par le cyclisme. Il avait effectué son service militaire dans la police nationale, au commissariat de Toulon (Var) avant d'y envisager une carrière. Issu de la 171ème promotion de l'école de police de Nîmes (Gard), il intégrait le 20 Novembre 2000 l'unité de police de proximité de Villeurbanne.

Il est nommé chevalier dans l'ordre national du mérite, cité à l'ordre de la nation et décoré de la médaille d'or pour actes de courage et de dévouement, et de la médaille d'honneur de la police nationale. Il est également nommé brigadier de police à titre posthume.

Samedi 17 Novembre 2001. La treizième chambre du tribunal correctionnel de Lyon a condamné le propriétaire de la blanchisserie à huit mois de prison avec sursis assortis de 1000 euros d'amende. Ce dernier était jugé pour ne pas avoir respecté les normes de sécurité de son installation.

Vendredi 5 Avril 2002. Une plaque commémorative était apposée sur les lieux du drame.

Depuis ce drame, l'organisation des secours a évolué, et les fuites de gaz sont désormais classifiées : procédure classique (PGC) ou renforcée (PGR). Auparavant, seul l'opérateur historique prenait la décision de couper l'alimentation en gaz, car cela impliquait de longues opérations de remises en services coûteuses. Lors d'une PGR, les intervenants ont l'initiative de faire couper le réseau sans l'assentiment de l'opérateur.


Sources:
Entretien avec Anne Viscaïno
JORF n°89 du 14 avril 2001 page 5834, "Citation à l'ordre de la nation"
SDIS du Rhône, PDF du 20/03/2011, "Rappel des circonstances de l'explosion "
Le Progrès du 20/09/2008, "Villeurbanne : l'explosion mortelle devant le tribunal"
Le Progrès du 27/02/2011, "Ce drame a obligé de faire évoluer les opérations de secours"

Hervé DEVIS

2001 - Le gardien de la paix Hervé Devis est abattu par un forcené retranché dans son domicile à Villetaneuse.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Jeudi 22 Février 2001, 19h00. Une habitante de Villetaneuse (Seine-Saint-Denis) domiciliée avec sa fille au 15 Avenue du Maroc demande l'intervention de la police. Elle a un différend de façon régulière avec l'un de ses voisins d'une soixantaine d'années qui habite un pavillon juste en face du sien.

Ce dernier, Michel Cavalca est bien connu dans le voisinage pour être très porté sur la boisson et les armes. Ce soir là, il aurait tiré en direction de la maison de ville de la requérante. Précision que n'ont pas les policiers intervenants.

Trois jeunes gardiens de la paix de l'unité de police de proximité locale se rendent dans un premier temps au domicile de la requérante afin de se faire expliquer clairement la situation.

La maison du forcené se trouve au bout d'une cour intérieure commune. Vers 19h20, le gardien de la paix Hervé Devis se trouve aux côtés de la requérante lorsque celle-ci ouvre les volets donnant sur la maison du forcené pour lui montrer les impacts de balles. Le policier écarte alors celle-ci de l'ouverture pour éviter un drame.

Alors qu'il se trouve dans le champ de la porte fenêtre du balcon, il est victime d'un tir de fusil de gros calibre qui l'atteint mortellement à la tête. Juché sur son balcon en position de tir, Michel Cavalca guettait les mouvements. Un autre gardien de la paix stagiaire âgé de vingt-quatre ans qui veut porter secours à son collègue reçoit également une décharge au thorax.

Trois équipages de la brigade anti-criminalité arrivent en renfort et tiennent confiné le forcené. Mais ce dernier fait à nouveau feu en direction des intervenants avant d'être neutralisé. Michel Cavalca succombe  à ses blessures dans la nuit à l’hôpital Bichat. En Mai 1998, Cavalca avait été condamné à huit mois de prison avec sursis pour avoir menacé de mort et tenu en joue plus d'une demi-heure cette même voisine et deux policiers. Un incident presque semblable à celui de 2001, à la seule différence qu'il n'avait pas tiré...
Rosa, la voisine, témoigne « On était à moitié sur le balcon quand un coup a claqué. Pour me protéger, il m'a immédiatement poussée derrière lui avec son bras, puis il s'est écroulé. Je n'oublierai jamais qu'il m'a sauvé la vie. C'est moi qui devrais être morte aujourd'hui. Il nous harcelait sans arrêt parce qu'il ne supportait pas qu'on allume dans la chambre où il a tiré. Il disait que ça énervait ses chiens ! On vivait dans la peur, avec les volets toujours fermés. »
Originaire de Mont-Saint-Aignan (Seine-Maritime), le gardien de la paix Hervé Devis avait vingt-cinq ans. Il avait fait ses premiers pas dans la police lors de son service militaire, en 1997. De policier auxiliaire, il devient adjoint de sécurité pendant la première vague des emplois jeunes. Durant l'été 1998, il réussit le concours d'entrée à l'école de police nationale qu'il effectue à Périgueux (Dordogne).

Comme beaucoup de jeunes recrues, c'est en banlieue parisienne, au commissariat d'Epinay sur Seine, qu'il fera son stage d'un an. Titularisé en novembre 2000, Hervé s'était porté volontaire pour l'unité de police de proximité, mise en place sur Villetaneuse au début de février 2001. « Il adorait son métier », confie sa tante, effondrée. Mais comme la plupart de ses collègues provinciaux, il dépose sa demande de mutation. « Il voulait retourner à Rouen », souffle son amie, Florence. Tous les week-ends ou presque, il quittait son pied-à-terre d'Ermont (Val-d'Oise) pour la rejoindre en Normandie. C'est d'ailleurs là, dans le village de Darnétal (Seine-Maritime), que ce jeune gardien de la paix « amoureux de la vie » devrait être enterré mercredi. Au commissariat d'Epinay où « ce garçon ouvert et motivé » était très apprécié depuis son arrivée il y a un an et demi, la nouvelle de sa mort brutale a plongé tous ses collègues dans une immense tristesse.

Le gardien de la paix Hervé Devis est cité à l'ordre de la nation le 2 Mars 2001, et nommé Lieutenant de Police à titre posthume. Il attendait la venue au monde d'un enfant.

Sources et références :
Journal officiel du 04/03/2001, page 3468, "Citation à l'ordre de la nation"
Le Parisien, article de Charles de Saint-Fleur du 24/02/2001, "Il m'a sauvé la vie"
Le Parisien, article de Stéphane Bouchet du 24/02/2001, "Hervé Devis adorait son métier"
Le Parisien, article de Stéphane Bouchet du 24/02/2001, "Le drame qui ravive la colère des policiers"

Olivier RECASENS

2001 - L'Adjoint de sécurité Olivier Recasens est fauché volontairement par un malfaiteur en fuite alors qu'il assure le balisage d'un simple accident de la circulation.

Si vous êtes un proche de la victime, merci de me contacter.
Samedi 20 Janvier 2001. Un équipage police-secours du commissariat de Béziers (Hérault) se rend sur les lieux d'un accident de la circulation sur la route de Pézenas, en assistance des sapeurs pompiers. Vêtus de leurs chasubles fluorescentes, les quatre policiers régulent la circulation et laissent passer les voitures alternativement sur une file.

Vers 20h15, le conducteur d'un fourgon blanc type J7, qui arrive à 80 km/h en provenance de Béziers, déboîte de la file et ig
nore les injonctions du premier policier qui lui fait signe de s'arrêter. Celui-ci a tout juste le temps de s'écarter pour éviter la camionnette. Une dizaine de mètres plus loin, l'adjoint de sécurité Olivier Récasens, dos tourné, est percuté en pleine course par le fourgon et projeté sur une autre voiture. Grièvement blessé à la tête, le jeune policier décède dans l'ambulance quelques instants plus tard.

Le plan Épervier est mis en place immédiatement. Quelques heures plus tard, près de Tourbes, à une dizaine de kilomètres des lieux de l'accident, les pompiers de Pézenas découvrent dans les vignes le J7 blanc en feu, plaques d'immatriculation arrachées. L'identification du propriétaire était néanmoins effective avec le numéro de série.

Samedi 25 Janvier 2001. Les obsèques officielles de l'adjoint de sécurité Olivier Récasens ont lieu sur le parvis du théâtre municipal de Béziers. Tout juste âgé de vingt-quatre ans, il était affecté au commissariat de Béziers depuis le 1er Mars 2000 et venait d'apprendre la réussite de son concours d'entrée en école de police. Olivier était un sportif de tout premier plan puisque, ceinture noire 2ème dan de karaté, il a été champion de l'Hérault, champion du Languedoc Roussillon, et qu'il a terminé 3ème du championnat de France par équipe à l'âge de 20 ans. Il était également passionné de moto et de mécanique automobile.

Vendredi 9 Mars 2001. Etienne Ugal, trente ans, est interpellé aux Barthes, près de Castelsarrazin (Tarn-et-Garonne). Il s'agit du propriétaire du fourgon J7 dont la présence dans ce camp de nomades avait été signalée la veille au service régional de la police judiciaire de Montpellier par la brigade gendarmerie locale. Ugal a déjà été condamné à six reprises. Tout juste sorti de prison, il se trouvait toujours sous le coup d'une mise à l'épreuve de deux ans le jour du drame. Avec un complice ferrailleur, ils venaient d'être mêlé à un vol de cuivre. Il avoue rapidement le meurtre du jeune policier.

Vendredi 4 Avril 2003. La cour d'assises de l'Hérault condamne Etienne Ugal à vingt ans de réclusion criminelle pour "violences aggravées ayant entrainées la mort sans intention de la donner". Peine ramenée à quinze ans en appel.

Sources :
Journal officiel n°27 du 1 février 2001 page 1750, "Citation à l'ordre de la nation"
Libération, article du 22/01/2001 de Catherine Bernard, "Une nouvelle mort ravive la colère des policiers du Midi"
Libération, article du 01/02/2001, "Deux ferrailleurs arrêtés"
Le Nouvel Obs, article du 10/03/2001, "Béziers : Un nomade avoue le meurtre"
La Dépêche du Midi, article du 26/01/2001, "L'émotion n'efface pas la colère des policiers"
La Dépêche du Midi, article du 04/04/2003, "Il comparaît pour avoir fauché un policier en 2001" 
Hommage solennel du ministre de l'intérieur du 26/01/2001

Hervé PRIOR & Patrick RIGAUD

2001 - Deux gardiens de la paix sont froidement abattus par un individu faisant l'objet d'un mandat d'arrêt international à Narbonne.
En Janvier 1993, un assureur au chomâge, Albert Foulcher, quarante-deux ans, abat André Meffray, soixante-quatre ans. Impulsif, il accusait ce dernier, assureur à la retraite, de lui avoir cédé une affaire dont il aurait détourné la clientèle et qui  périclitait depuis.

Pendant ses trois ans de détention provisoire, Foulcher clame vigoureusement son innocence. Isabelle Suzic, sa compagne, lui fournit un alibi providentiel et un juge le place alors sous contrôle judiciaire dans l'attente de son procès. Mais il choisit tout simplement ne pas s'y présenter, et entame une longue cavale.

En Mars 2000, il est condamné par contumace à la réclusion criminelle dite à perpétuité et fait l'objet d'un mandat d'arrêt international. Foulcher se fait oublier, et se réfugie chez sa compagne d'où il ne sort que la nuit.

Lundi 8 Janvier 2001. Déterminé à régler ses comptes, Albert Foulcher se rend à Narbonne (Aude) au domicile de Pascal Herrero lequel a témoigné à charge. Ce dernier vit avec son épouse Danièle au "Domaine Saint-Marcellin" situé chemin de Bougna. Sur place, un violent différend éclate entre les deux hommes. Mme Herrero, restée en retrait, fait appel à police-secours.

Pensant intervenir sur une mission de routine, les gardiens de la paix Hervé Prior et Patrick Rigaud se rendent sur les lieux sans précaution particulière. Lorsque le véhicule sérigraphié se stationne dans le domaine, il est déjà trop tard. Les deux policiers sont victimes de tirs du pistolet mitrailleur que Foulcher s'est procuré de manière préméditée. Ces derniers sont atteints mortellement alors qu'ils se trouvent toujours assis dans leur véhicule d'intervention, désormais criblé par dix-neuf impacts de balles. Foulcher exécute froidement Pascal Herrero avant de prendre la fuite.

Le meurtrier se rend désormais dans le cabinet d'assurances appartenant à Maurice Michaud, lequel a également témoigné à charge. Foulcher oblige ce dernier a quitté son agence et tous deux prennent le chemin de la Capoulade, sur la route de Coursan (Aude). Au milieu d'un champ Foulcher exécute Maurice Michaud de quatre balles. Il abandonne le corps et prend de nouveau la fuite.

Le Plan épervier est déclenché. Toutes les forces de l'ordre disponibles se lancent à la poursuite du tueur, qui plonge la région dans la peur. Après avoir franchi l'Aude sur le « pont à sel », Foulcher force un barrage de gendarmerie à Valras (Hérault), n'hésitant pas à tirer.

Vendredi 12 Janvier 2001. Les obsèques officielles des deux policiers tués sont célébrées à la cathédrale Saint-Just de Narbonne devant une foule nombreuse de personnes indignées.

Mercredi 17 Janvier 2001. Les enquêteurs du SRPJ décident de placer sous surveillance tous les domiciles de la famille et les proches de l'ex-assureur. C'est dans ce cadre qu'une équipe de la police judiciaire de Montpellier se rend au domicile d'Isabelle Suzic, sa compagne, au 4ème étage du 16 Rue Bernard-Dauriac.

Vers 1h30 du matin, les policiers sont accueillis dans la cage d'escaliers par une rafale de pistolet automatique. Sept impacts seront relevés. Le quartier est bouclé. Lorsque le RAID donne l'assaut à 2h40, il découvre le corps d'Albert Foulcher dans une mare de sang. Ce dernier s'est donné la mort, ce qui entraine par la même la fin de l'action publique.
Le gardien de la paix Hervé Prior, quarante ans, était marié et père de trois enfants : Anne, Jean-Baptiste et Paul.

Entré dans la Police en 1982 en Compagnie Républicaine de Sécurité, il rejoignait en 1990 la circonscription de sécurité publique de Carcassonne puis celle de Narbonne en 1994.

Il repose désormais au cimetière de Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse.
Le gardien de la paix Patrick Rigaud, quarante-cinq ans, était marié et père de Virginie et Delphine.

Entré dans la Police en 1977 en Compagnie républicaine de sécurité, il rejoignait en 1980 la circonscription de sécurité publique de Marseille (Bouches-du-Rhône) pendant quinze ans avant d'être muté à sa demande dans sa région natale, à Narbonne où il exerçait depuis cinq ans.

Il repose désormais au cimetière de Lagrasse.


Sources :
Journal officiel n°15 du 18 janvier 2001 page 960, "Citations à l'ordre de la nation" 
Déclaration du 12/01/2001 de M. Daniel Vaillant, ministre de l'intérieur

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